Alpha
"En
vérité je vous le dis, il n’est pas une vie dont je ne me
souvienne. Au demeurant, qui je suis n’a pas réelle
importance… même s’il n’en fût pas toujours ainsi… Qu’il
vous suffise d’imaginer que je suis plus vieux et fatigué
qu’aucun homme ne l’a jamais été. Mon histoire vous est
contée à l’aube de mon dernier souffle et au crépuscule de
ma conscience. Elle est écrite comme est écrit l'immuable
moment où vous lirez ces lignes.
Maintes fois, je me suis étendu sur la couche d’Osiris et
j’ai reçu l’adoubement*;
j'ai brandi la massue sacrée*
et l’épée flamboyante*.
J’ai appris tant de secrets dans les arcanes des temples,
des monastères et des cathédrales… Mais je m'égare tout
autant que je vous égare, aussi me pardonnez-vous tous ces
mystères, mais ils doivent encore vous protéger d’une
vérité qui ébranlerait la paroi de bien des consciences. Si
vous découvrez ces mots qui dansent en ce moment même sous
la flamme vacillante de ma dernière chandelle, vous aurez
tôt fait de comprendre que vous y avez été préparé depuis
toujours.
Je vous l’ai dis, qui je suis n’a pas d’importance, mais
mon histoire est la lumière que je dois vous transmettre
avant que je ne m’éteigne. Il est temps que rejaillissent
les sources de vérité enfuies au plus profond de vos coeurs
afin qu'elles puissent étancher votre soif de lumière.
Aussi est-il juste et bon de commencer par le
commencement..."
Oméga
"En
vérité je vous l’ai dis : qui je suis n’a réellement pas
d’importance. Seul mon message en a... Ma robe, ma couronne
et mes miracles furent sacrés en lieux et places de
l’essence même de ma prêche. Mon plus grand calvaire fut la
multiplication des croix et des consciences ; puis, de les
voir lentement s’emmurer de dogmes, doctrines et religions.
Mon histoire vous a révélé que l'église vraie n’a jamais
été construite sur aucune pierre, comme sur tout ce qui
assombrit la lumière de vérité.
Le temps et la matière l'ont tamisé jusqu'à ce que soit
oublié qui du père et du fils est le saint-esprit... Si
vous avez bu ces paroles, sachez qu’il n’est pas un de ces
mots qui n’ait été écrit de mon sang. Vous êtes la source
intarissable de la vérité car vous les avez bus sans plus
chercher le calice. Ainsi s'achève le temps où l'on quête
le graal sans briser les parois de sa conscience. Qui lit
ces mots est sa propre église ; qui les boit est le calice.
En cela, le message que vous recevez vous ouvre les pleines
portes de votre âme et étalonne désormais le chemin de vos
vies. En vérité, je vous le dis, vous êtes l’unique calice
réceptacle de ce message sacré. Il est le reflet de mon âme
qui s’éteint. Rallumez le dans votre cœur et vous
redeviendrez ce que vous avez toujours été."
©
2007/Pierre Dufey/La Croix des Anges/Prologue
Texte déposé et protégé par les lois sur la propriété
littéraire et artistique.